Archives de catégorie : Random Factory

Le syndrôme de la poignée de porte.

Aujourd’hui, j’ai 21 ans et j’ai l’impression que chaque jour de plus dans cette vie est un pas de plus vers la perte de ma dignité.

Ohh mais pourquoi tant de pessimisme me direz-vous?

LE SYNDROME DE LA POIGNÉE DE PORTE! Oui, vous m’avez bien compris et je suis certaine que vous savez où je souhaite en venir…

Plus exactement, le syndrome de la poignée de porte pourrait être défini comme suit:

**Impression soudaine et irrationnelle que l’on est à deux doigts de se

faire pipi dessus au moment précis où on met la clef dans la porte.**

L’été, ce genre de syndrôme nous semble bénin. Mais l’hiver! C’est une toute autre histoire.  Quand vient le moment de délasser tes fuck-me boots et d’enlever tes 4 épaisseurs de manteau, ton foulard et tes jambières, cette envie pressante prend les allures d’ une course à la mort. Quelques fois, c’est même incontrôlable  et , malgré toi,  quelques fuites viennent entacher ton score de sexyness. Dans ces moments là, tu ne fais que songer à quels genres de vêtements pourraient bien camoufler une couche Tena tout en te donnant un air sexy.

seul remède contre le syndrôme de la poignée de porte

Je sais que vous cherchez sans doute à déceller la pertinence de mon article. Il n’y en a pas. C’était simplement un mot d’encouragement pour t’annoncer que t’es pas tout(e) seul(e). Moi aussi je suis jeune et un peu incontinente quand viens le temps de débarrer ma porte d’entrée.

Bref, ne t’en fais pas. TU ES ENCORE L’HOMME VIRIL QUE TU CROIS ETRE  ou LA FEMME FATALE DONT TOUT LE MONDE REVE.

Je t’aime comme tu es lecteur.

xx

Le p’tit vieux de 12 ans

Un des plaisirs de travailler dans une école est sans doute de constater les visages ingrats et prépubères des élèves du premier cycle. Lorsqu’on s’adonne à de tels plaisirs d’observation, on ne peut que constater l’improbables asymétrie du début de l’adolescence et se remémorer cette bonne vieille époque ou on portait (même si c’était un peu à reculons) les vêtements du Croteau et du Walmart que nos parents choisissaient pour nous. Il faut bien les comprendre; nous étions en pleine croissance! Cette époque ou l’expérimentation du sytle commence à peine à froler notre esprit. Bien sûr, grâce à la popularisation des uniformes c’est moins évidents de repérer les jeunes qui marchent sur la frontière enfance/adolescence et on n’a plus la chance de s’émerveiller devant les agencements douteux de pantalons corduroy,de chandail trop grand et de running-shoes pas de marque blancs gris et bruns. Bon, je divague.

L’évènement dont je veux faire part est le suivant:

Alors que je marchais, telle une reine des ténèbres, dans les corridors de l’école, je m’amusais à regarder le visage des élèves et à écouter leur voix nasillarde et imparfaite. Un d’entre eux a particulièrement attiré mon attention l’espace de 1.8 secondes. Il avait environ 12 ans, mais je le voyais en petit vieux. En fait, c’était un paquet d’os en pleine croissance. Il parlait avec son ami rondelet en crispant ses membres autour de ses cahiers beaucoup trop gros. À chaque mot, je pouvais entrevoir ses broches qui tiraient sur ses lèvres fines et sèches. Son nez était mince, ses joues étaient creuse et d’une couleur blafarde. Ce petit visage de rongeur était couronné de minces cheveux blonds, presque blancs (offwhite comme dirait un peintre du mile-end). Bref, le petit vieux trop maigre par excellence. Malgré tout, ce qui le sauve de sa vieillesse prématurée, c’est son regard. Pas un regard de petit vieux! Un regard de petit criss! Un regard de petit criss dont le déjeuner est un gros muffin double chocolat du Costco. Un regard de petit criss qui est bien dans son chandail Ecko Red trop grand. Un regard de petit criss qui choisit de rester un enfant un peu plus longtemps.

Grande comme un livreur de pizza barbu

Cassons donc la glace des choses random en cette froide journée! Alors que Goldy se passait les pieds à la pierre ponce, elle se rappella un truc qu’elle avait vu chez la petite fille à qui elle donne des cours. Une affiche. Ça représentait une échelle de grandeur de 50 cm à 1,50 m, la quasi-taille de Goldy (aussi surnommée Nain de la vapeur), mais chaque 10 cm était représenté par un métier, personnifié par un adulte costumé. La petite fille  demanda où elle était sur l’échelle, en espérant un clown ou un pompier, mais Goldy dut répondre: « le gros livreur de pizza barbu, désolée ».